7 novembre 2023, Alexandre Dumas et Monte-Cristo, Conférence

Conférence de Bernard PIGOT, enseignant universitaire, maitre de conférence en histoire du théâtre occidental, metteur en scène et directeur du théâtre rural le « 5 coté jardin »

Hors les Murs, à l’Atelier à Spectacle, rue de Torçay, à 28 Vernouillet, à 19h00

Si l’histoire vraie (1807) du nîmois François Picaud est à l’origine du roman d’Alexandre Dumas, il n’en demeure pas moins que, dans ce texte, on peut identifier facilement des sources directes liées très objectivement à la biographie d’Alexandre Dumas, comme son emprisonnement injuste pour dettes, terreau assez évident pour pointer la thématique de l’erreur judiciaire et de la vengeance. Témoin également, son goût immodéré du voyage (Afrique, Europe) qui a exacerbé une vie déjà fort tumultueuse, ponctuées d’aventures aussi diverses que dangereuses, et de relations amoureuses passionnées et fiévreuses, – une trame de fond que l’on retrouve sans cesse dans le roman. A noter également, sa participation active à la révolution de 1830, une dimension politique et sociale qui transpire là encore dans son écrit avec un jugement d’une implacable lucidité sur une société bourgeoise qui s’hystérise dans les fausses valeurs et la corruption.

Les thèmes précités seront bien sûr abordés, mais j’aurais à cœur de développer ce que l’on peut considérer comme source biographique indirecte pour l’écriture de ce roman, une véritable empreinte charnelle : petit-fils d’un noble français et d’une grand-mère africaine, Alexandre Dumas a lutté une grande partie de sa vie contre la discrimination, les préjugés raciaux et sociaux dont pouvait se repaître la société de l’époque. Le thème de l’exclu, du paria, me semble donc être quelque chose à questionner à la lecture de ce roman et sans doute en tirer leçon pour notre présent.

20 septembre 2023, Goûter Philo, « L’échec »

Hors les murs, en partenariat avec L’Atelier à Spectacle, le Séchoir

Par Éléonore DUPRET, ancienne élève de l’ENS Ulm, professeur de philosophie en lycée, chargée de cours à l’université, spécialiste de l’interprétation métaphysique de l’harmonie musicale et conférencière
En résonance avec la démarche du spectacle Try again, par la Cie Les Beaux Fiasco

Samuel Beckett : « Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux ! »

L’échec ne sera pas d’abord envisagé dans sa dimension culpabilisante ou problématique mais dans son geste esthétique, dans son mouvement, presque dans sa caractéristique vitale qui montre que nous sommes en vie et en mouvement. Dans une décomposition du mouvement, par exemple, de la marche, l’échec, la chute, le déséquilibre fait partie intégrante du mouvement.

C’est pourquoi nous avons choisi comme point de départ, non pas l’échec mais l’émotion de l’échec. En faisant appel à tous nos sens. Nous chercherons avec les enfants à décrire sa couleur, sa saveur, son odeur, sa texture, sa musique (rythme, mode et mélodie). Et vite nous nous apercevons, qu’il a plusieurs saveurs ou couleurs et que celles-ci évoluent et plus intéressant encore, celle-ci se transforment : l’échec, quand il se présente s’accompagne d’une sensation plus exactement d’une émotion, parce que celle -ci se transforme (à la différence du sentiment qui est l’expression affective d’une émotion durable).

Mais pourquoi cette émotion se transforme et évolue ?  A cause de l’idée qui l’accompagne. Ce qui fera l’objet de notre deuxième partie: tentative de définition de l’échec (le mot vient-il de : é-choir chuter, échouer ou fauter) et mise à l’épreuve des catégories échec /succès chères à notre époque.  Cela nous ouvrira alors un horizon constitué de tout un dégradé chromatique des interprétations possibles de l’échec.

INFOS PRATIQUES 

Mercredi 20 septembre 2023, 15h, Le Séchoir
Entrée libre et gratuite
Le goûter-philo sera précédé à 14h d’une sortie de résidence de la Cie Les Beaux Fiascos