M sur le rivage

Comme c’est étrange de se trouver un jour intoxiquée par Marcel Proust… Voilà ce que vit la narratrice. Puisque tous les objets lui parlent de la Recherche du temps perdu, elle s’entoure de quelques-uns d’entre eux pour partager son expérience avec le public. D’une simple tasse s’échappe toute l’écriture de Proust, un aquarium nous transporte en Normandie… et le voyage commence. Alliant ludisme et poésie, ce spectacle célèbre une immense œuvre littéraire à l’aide de modestes objets du quotidien. Il tente ainsi d’explorer comment la littérature peut entrer dans nos vies respectives mais aussi nous rapprocher.

Quand le spectacle vivant rencontre la création plastique…

Rien ne plaît tant à Béatrice Athias que de partager son amour pour l’écriture. Elle l’a fait tour à tour sur scène, dans une classe et en écrivant elle-même sur les textes littéraires. Aujourd’hui, elle se dit qu’il est temps de retrouver un peu de sérieux… le sérieux que l’on a au jeu quand on est enfant ! Elle s’y applique en jouant avec les jeunes qu’elle rencontre dans le cadre de ses activités d’art-thérapeute mais aussi sur scène, avec de petits objets.

Quant à Thierry Delorme, alias Empthier Rodely, comme il signe ses créations plastiques, il lui aura fallu trente ans pour se convaincre que c’était peut-être possible qu’il soit un artiste. À tout le moins, c’est un iconoclaste, un inclassable. Thierry Delorme, lui, est aussi art-thérapeute. Toujours est-il qu’il nous fait une proposition : celle où l’intérieur se voit à l’extérieur. Peut-être a-t-il été bercé trop près des pubs ! Une proposition où, comme dans l’art nouveau, il n’y a pas de distinction entre le fond et la forme, où la peinture devient sculpture et la sculpture des couleurs en volumes.

Cette exposition, « à l’ombre des fleurs géantes », regroupe des extraits de deux de ses recherches de ces dernières années : « Comme une tentative dérisoire » et « La transmission du clivage ». Dans cette dernière, il essaie d’interroger la construction des hommes, comment ils évoluent en fonction de ce qu’ils reçoivent ou non, et comment de leur imperfection naît leur grâce. Sa tentative dérisoire pour réparer la nature évoque les agissements des hommes pour répondre aux enjeux environnementaux de notre siècle : trop, trop peu, trop mal, ou par solutionnisme, par idéalisme. Lui aussi se lance dans une tentative dérisoire, mais de celles capables de faire rêver un peu, tant qu’il en est encore possible.

Programme de la soirée, le Vendredi 19 juin 2026

  • 20h00 : Déambulation dans le parc
    Des fleurs géantes frémissent sur leurs tiges et murmurent au passage des promeneurs…
  • 20h30 : Spectacle
    Des fleurs miniatures leur répondent, prenant vie sur scène sous le charme des mots de Proust…
  • 21h45 : Pot de l’amitié vernissage

Mai à septembre 2023, Gosti, sculpteur, Exposition.

L’exposition GOSTI a eu lieu de Mai à septembre 2023

Lorsque l’on connait le parcours de Gosti, on entrevoit le personnage, car c’est bien d’un personnage dont il s’agit.

Un parcours assez chaotique entre études techniques et tentations artistiques encouragées par ses professeurs qui ne le reconnaissent pas dans l’électro-mécanique et favorisent son entrée à l’école Olivier de Serre où il reste 5 années.

Ses goûts vont à la sculpture : à 26 ans, il achète ses premiers blocs de marbre et confirme une vocation depuis longtemps pressentie, enrichie par son père (ouvrier chaudronnier) qui lui enseigne le travail du métal qu’il intègre peu à peu dans ses créations.

Ses débuts professionnels sont une alternance entre succès et calme, entre euphorie et doutes, entre opulence et vaches maigres, mais aussi entre amour et désamour. L’apparente force du corps laisse paraître un farouche besoin d’être à deux qui le détruit chaque fois que l’équation n’est pas satisfaite.

Pendant une longue période, la vie de Gosti s’apparente à un chantier de reconstruction, à l’image de ses sculptures du début : assemblages d’éclats de pierres auquel il tente de donner vie, homogénéité, cohérence et surtout sentiments.

Son domaine de prédilection se sont les visages, ce qui l’inspire : l’émotion d’une expression, la tendresse d’un regard. Les corps sont certes présents mais comme supports, ils restent bruts, rustiques, sans réelle légèreté, ne gardant avec le visage que la cohérence de la pierre. Parfois même, ils se transforment en métal ou en bronze comme pour mieux mettre le visage en exergue.

Le génie  » paradoxal  » de Gosti est de faire cohabiter des éléments aussi opposés que le granit et le métal avec la délicatesse et la fragilité des expressions.

Gosti c’est l’homme qui parle au cœur des pierres

Il faut le voir lire un bloc de granit sur son plateau tournant, y reconnaitre la potentialité d’une forme, l’esquisse d’un profil, la douceur d’une courbe, la brutalité d’un éclat. Sous son regard, le bloc se transforme, semble perdre de sa dureté et se prépare à s’adonner au burin.

Mais, ne nous y trompons pas, même si l’homme se sent souvent seul au milieu de ses « compagnons du silence » comme il se plaît à les nommer, c’est la panoplie complète des sentiments humains que cet artiste nous donne à voir.

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